23.9.08

Portrait...

Salut à toi !

Aujourd'hui, je vais te parler de Nono (oui, toujours le souci de l'anonymat, mais c'est un bon sobriquet...).
Nono est un n'affreux. Lecteur averti, tu sais, toi, qu'il s'agit d'un affreux de 6e. Merci.
Nono a des lunettes. Mais Nono n'est pas la petite tronche que ton imagination débordante aurait tendance à te faire croire.
Oh non, ça serait même plutôt l'inverse...

En fait, Nono fait partie de ces élèves complètement illuminés, qui gardent les yeux comme ceux d'une chouette, qui chantonnent sans s'en rendre compte (oui, c'est un bon combo).

Nono est sympa ; il m'appelle, au choix, suivant l'humeur, "maîkresse" ou "môman". Et quand son voisin, tout en douceur, discrètement, lui donne un coup de coude dans les côtes parce qu'il vient de me sortir un innocent "Maîkresse, tu peux répéter ce que tu viens de dicter ?!", ben, il comprend pas la soudaine cruauté de son camarade...

Nono aime participer, il se donne à fond, d'ailleurs. Mais il a son style (the nonesque's style)
Quand il connaît la réponse (ou qu'il croit la connaître, parce que dans 99% des cas il est complètement à côté de la plaque, tu l'auras deviné), il se lève, les deux bras aussi (ouh ! un zeugme approximatif !) et il tire la langue, comme un chiot type King Charles (pour les yeux) qui aurait trop chaud sous son petit manteau écossais, dans les bras de sa maîtresse péroxydée.
Oui, Nono fait aussi partie de ces élèves qui tirent la langue quand ils s'appliquent à colorier une forme sans dépasser... mais là, on est en cours de français, je le rappelle.

Nono a souvent envie d'aller "faire pipi", 5 minutes après l'entrée en cours, ou 5 minutes avant la sortie. Alors quand tu lui dis qu'il va falloir attendre ou qu'il aurait pu prévoir (c'était la récré juste avant, quoi, merdre !), ben il passe le temps restant à se tordre sur sa chaise, la goutte sur la tempe, ou au bord de l'oeil... Prise d'une incommensurable pitié ou instinct maternel (mouahahahaha), je le laisse se soulager (si on se trouve dans le cas "putain, 50 minutes comme ça, ça va pas le faire"), non, pas sur sa chaise.
Nono vit l'effaçage (?!) du tableau comme une récompense.
Nono se ramasse une sale note, mais il ne fait pas la gueule.

Bref. Pas facile d'être Nono...

P.S. : un élève plein d'une grande sagesse m'a dit aujourd'hui "On dirait une tronche Nono, hein madame ! Alors qu'en fait..."
Allez, barre-toi l'affreux, on ne se moque pas !

Hum...

17.9.08

Ekspréssiont ékrit'... (2)

Salut à toi !

Parce que je n'ai pas d'inspiration, mais que certains affreux en ont, eux, voici un petit texte offert par Maëva, qui nous fait bien plaisir...

" Parsse que il et tres equoler dessa parce que il est arrive en retard au lycèe et aussi que ses camardes l'on laisse tout seuls pour venir au lycee et aussi il et enquolere avec la boulangerée il a dit que sète le dernir jours quele grade le chat alor son père et sa mere ne vele pas grade le chat a la maison parque son pere il et argie au chat et sa mere elle ve pa de chat jai elle et lui il c'est pas au sa aller son chat alors il ecute pour le chat "
... ... ...

Bin quoa, keskiya ?

Rédaction qui répondait au sujet du FAMEUX cahier d'évaluation d'entrée en 6e, cahier qui est le même depuis 3 ans, au moins ; il s'agissait d'inventer une suite de texte, en gros.
Une gamine a trouvé la solution pour garder un chaton abandonné... Elle raconte à ses copines... (Wouaouw ! ah, innocence...)

Bref.
Toujours pas de drame, d'affreux réellement fous, ou en tout cas, ils ne se sont pas encore révélés...

Ah, si, un petit détail : un affreux a lâché une énorme caisse en classe, limite tu te dis qu'un affreux de 6e peut pas sortir ça de lui-même... Intéressant, non ?
Je ne sais pas quel était le petit mélomane, mais c'était si énorme, et j'ai jeté un regard si noir avant que tout parte en... vrille, que pas un affreux n'a rit...
C'est beau...



9.9.08

Rien de bien fou...

Salut à toi !

Ouaip, ce post sera bref...
Histoire de te montrer qu'il ne se passe pas que de folles choses dans ma vie (enfin, pas encore...), oui, je sais, cruelle déception pour toi.
Pas d'affreux affreux, pas d'histoires croustillantes.
J'en suis réduite, pour le moment, à me plaindre de l'orthographe des schtroumpfs dans les cahiers d'évaluation de rentrée de 6e... Rien de bien neuf, en somme...
Mais je te ferai un petit mix des plus belles inventions de ces chers petits, un jour, quand je n'aurai pas les yeux en couilles d'hirondelles (fatiguée, quoi)...

Sinon, j'avais dans l'idée de faire une étude complexe sur le thème "Pourquoi Matthias a gagné à Secret Story". Oui, je sais, c'est du lourd...

Si ça t'intéresse, tape 1...

6.9.08

Ambiaaaance...

Salut à toi !

Voilà, je suis rentrée... pour de vrai.
J'ai vu mes affreux, mes collègues, mes salles, mes bahuts.
Alors, pour ce post de rentrée, impressions en vrac, comme ça, histoire de te plonger dans l'ambiance...

Je te nous ai impressionné mes petits n'affreux de 6e, qui n'en avaient presque pas besoin.
Ah, ces petits... Cartable sur le dos, scoliose en perspective, la petite morve au nez (prends un mouchoir ! si, si ! non, je ne t'aiderai pas !), la larme à l'œil d'un petit Kévin qui arrive à la bourre parce qu'il s'est perdu dans le bahut labyrinthesque (et parce que je lui ai jeté un bon gros regard noir, arf mais !).
Les questions habituelles : "on écrit en rouge comme vous, madame ?", les angoisses habituelles : "madaaaaame, c'est pas mon cartable ! je me suis trompée ! snirlf !" (le cartable Pucca est très en vogue...)...

Le café dégueulasse de l'antre des profs (accompagné de la petite affichette te priant de laver ta tasse, feignasse, et de prendre soin de la cafetière, qui est un objet très fragile), le code de la photocopieuse, les photocopies limitées (putain, je vais dépasser mon compte, c'est sûr !), les angoisses existencielles (merdre ! quelle tasse vais-je donc apporter ? et comment je m'habille demain ?), la bonne humeur de début d'année des collègues (oh, oui, je sais bien, ça changera), les réunions "ça peut plus durer, bordel", non, on n'acceptera jamais une classe à 31 (pour le collège, parce qu'en lycée, t'es plutôt content, là), le représentant syndical qui te saute dessus (oui, je sais, TZR c'est la galère, mais ton syndicat, là, il serait pas un peu de droite sur les bords, non ?), le 4e emploi du temps en 2 jours...

Les 38 degrés dans les salles et toi qui sues (putain, c'est parce que j'ai plus l'habitude de faire des phrases correctes ? ah, non, y'a un affreux tout rouge, et tout suintant), l'odeur ennivrante des stylos de tableaux (ouaip, modernes les bahuts), l'appel à faire sur ordi (re, mais ça marche moyen).

Le casier-putain-y'a-mon-nom-dessus-dis-donc (ah, dans le coin spécial TZR, au lycée, quand même...), les collègues (de lycée) qui me prennent pour une élève (ouhlàlà ! mais on n'a pas idée de faire aussi jeune ! et toi, toujours pas à la retraite ? mouhahaha. hum.), une élève de 1e qui me prend pour une élève, très peu d'ados boutonneux (ben quand j'étais jeune, c'était pas le cas, merdre !)...

Les collègues qui me racontent des choses un peu trop privées (mon mari me frappe et m'empêche de voir des gens, d'ailleurs, je me dépêche, il vient me chercher, il ne veut pas que je conduise), la quête des collègues qui fument, les blagues des agents de service devant la machine à café (oui, au lycée, y'en a une, si tu veux un petit potage ; j'ai pas dit que j'en buvais, j'avais la flemme de faire le kawa pour 500 collègues, va savoir pourquoi)...

Les angoisses "serai-je à la hauteur pour préparer des cours de 1e ?", les évaluations d'entrée en 6e que j'ai déjà vues il y a 3 ans, les poignées de mains polies aux supérieurs, les enfants de collègues en classe (pression, pression)...

Bref.

Jusqu'ici, tout va bien... jusqu'ici, tout va bien...